Ils s’aimaient

28 Oct 2018

Au bord de la Seine, soleil couchant, les pieds qui traînent
Le bout du nez un peu glacé et les cheveux ébouriffés
Ils marchent contre le temps qui court, leur cœur serré, l’âme fragile
Se battent contre l’infortune des banalités inutiles

Soudain ils cessent sans raison leur route dénuée d’ambition
Pour se regarder dans l’regard, pour s’inventer leur propre histoire
Quelques caresses, quelques soupirs, sûrement leur premier souvenir
Ils n’oublieront sans doute jamais, que ce soir au bord de la Seine,
Ils s’aimaient.

Les mains enlacées, la douceur des paumes incrustées
Au fond du cœur qui se demande combien de temps ça va durer
Mais dans leur tête, il n’y a plus rien, rien d’important à cet instant
Juste le visage de l’autre qui envahi leurs émotions

Les corps soudés, le cœur serré, les lèvres à peine effleurés
A bras de corps ils se soutiennent, comme perdus au bord du vide
Et dans la lueur de la lune et dans la lumière de leurs yeux
Il lui donne un baiser nocturne, elle lui offre son aveu

Le temps a perdu et puis l’espace a éclipsé
Les passants qui voient dans le noir, leur corps transi par leur étreinte
Ils ont choisi de s’oublier, d’oublier à ce qu’ils rêvaient
Ils vivaient leur vie maintenant, la vie peut durer un instant

Il n’y a pas lieu de réfléchir, ni même le temps de compter
Ce moment rare de plaisir, cet instant de l’humanité
C’est rien qu’à eux et c’est aussi leur seule raison d’exister
Un jour peut être ils souffriront mais en attendant ce moment,
Ils s’aimaient.

Texte et Musique : Frédéric Rocchia