Si on commençait à rêver (Texte)

2 Avr 2018

Une belle journée d’automne, un joli parc ensoleillé
Dans l’herbe, deux amants s’adonnent à des caresses un peu osées
Elle lui chuchote des mots doux pendant qu’il lui montre du doigt
La coccinelle sur ses genoux, elle se met à rire aux éclats
Elle lui saute alors au cou, il lui résiste, elle se débat
Ils finiront par s’embrasser, elle s’endormira dans ses bras
Ils attendront la fin du jour pour voir le soleil se coucher
Comme un vieux cliché périmé mais qu’ils adorent pratiquer

Le bonheur a, parce qu’il est rare, la délicatesse de toucher
Les gens qui savent encore y croire, si on commençait à rêver.

Au bord de l’étang, des canards ont établi un campement
Une vieille dame a un rancart avec nos amis de l’étang
Elle ouvre alors son petit sac et en sort des choses impossibles
Du pain, des graines et du cognac, enfin tout c’qui est comestible
Elle distribue à ses convives soigneusement la denrée rare
Et vérifie, très attentive, que tout le monde ait bien sa part
Elle range son sac et sur le banc, assise, en souriant aux canards
Elle boit son cognac et apprends la politesse aux racontars

Le bonheur a, parce qu’il est rare, la délicatesse de toucher
Les gens qui savent encore y croire, si on commençait à rêver.

Un drame vient de se dérouler sous les yeux d’une petite fille
Qui s’amusait à s’balancer avec un p’tit gars très habile
Le p’tit garçon, maladroitement, a dérapé d’la balançoire
S’est vautré, lamentablement, en voulant faire le malabar
Des pleurs, des cris, un gros chagrin, mais la p’tite fille lui tend la main
C’est trop la honte mais il accède au sourire de la demoiselle
Un p’tit bisou où ça fait mal, il rougit puis se met à rire
Main dans la main, c’est pas banal, premier amour, ça fait plaisir

Le bonheur a, parce qu’il est rare, la délicatesse de toucher
Les gens qui savent encore y croire, si on commençait à rêver.

Texte et musique : Frédéric Rocchia