Et toi tu lis quoi dans ton lit?

30 Oct 2018

J’aime pas lire !
Voila ce que j’entends régulièrement que ce soit dans la bouche des enfants, des ados, ou même des adultes. Plein de potes qui n’ont jamais ouvert un livre de leur vie, parc’que c’est des mecs et que la littérature c’est un truc de fille, selon eux.
Et puis Twitter, Instagram, Netflix, Facebook, les jeux vidéos, bref tous les nouveaux médias, ont, pour beaucoup supplanté la pratique de la lecture.

Pourtant, malgré ce que l’on peut penser on a jamais autant lu qu’aujourd’hui ! Y a qu’à regarder tous les gens scotchés sur leurs écrans en train de consulter l’actualité de leurs « amis » ou les derniers potins sur machin, bidule et truc muche.
Alors qu’est c’qui ne va pas avec les bouquins ? Les livres faits en papier avec des pages couvertes de mots et rien d’autre ?

Ok, y a aussi les fameux zibouksss, montrés du doigt par les puristes de l’odeur de l’encre et de la couverture cornée blottie au creux des mains le soir dans son lit sous la couette !

C’est où que ça coince finalement ?

Pourtant tout avait si bien commencé ! Dès qu’on apprend à lire, à l’école primaire, n’est-on pas super heureux de pouvoir enfin comprendre tout ce qui jusqu’ici passait pour des hiéroglyphes frustrants ! Alors qu’est c’qui se passe après ?

La bibliothèque rose, c’est vrai, ça aide pas trop pour démarrer ! On peut pas vraiment dire que les histoires relatées fassent preuve d’une grande imagination ou qualité d’écriture. Mais bon c’est pour les gosses, qu’ils disent, alors voila.

Après il faut bien reconnaître que lorsqu’on est calé dans sa chambre en train de découvrir le dernier Astérix, Tintin, Lanfeust, mettez la bd de votre choix, c’est plutôt frustrant quand papa ou maman vient vous imposer un machin sans images en prétextant que c’est important de lire !

Important pour qui ?

Et puis quand on voit ces lunetteux, je suis sûr que vous en avez déjà croisé, dites pas le contraire, plongés dans leur livre si imperturbables dans leur soif insatiable de mots, c’est vrai que ça peut un peu repousser, limite faire peur ! Pourtant même si souvent, ils utilisent la lecture pour fuir le monde réel et les vilains enfants qui les martyrisent, ils ont compris que la lecture n’était pas qu’une fuite, mais aussi une évasion dans un autre univers, hors du temps et de l’espace.

Alors oui, le supplice des lectures imposées ne s’arrête malheureusement pas là. Qui n’a pas déjà lu Balzac, Baudelaire, Proust, Corneille, Maupassant, Hugo, Giono, Molière et ses femmes savantes, et oui, même si certaines de ces œuvres nous ont traversés quelques fois avec plaisir, pour la plupart, c’était obligatoire, et c’était pénible, décourageant. Alors puisqu’on nous a obligé à lire des livres, les CLASSIQUES ! Pourquoi devrions-nous continuer à le faire, si l’on a le choix. Et c’est souvent là que tout s’arrête.

En quittant l’école, on quitte les livres.

Ce que j’ai d’ailleurs fait ! J’adorai pourtant certaines des lectures imposées mais à chaque fois que je finissais un livre j’étais heureux de l’avoir achevé, d’avoir accompli ma tâche scolaire, comme un gentil petit garçon. Pas à un seul moment je ne me suis dit que peut-être mon plaisir avait aussi été littéraire. Trop jeune, pas bien conseillé …

Et pourtant, lorsque j’ai lu ma première histoire en cours préparatoire, j’ai tout de suite adoré entendre des récits, à tel point même que ça m’a donné envie d’écrire, mais pas de lire !

Je crois que le problème de ceux et celles qui ne lisent pas est finalement assez simple.

Si vous n’aimez pas lire, c’est avant tout parce que vous n’aimez pas les livres que vous avez lus !

Voila la clé !

Alors comment faire docteur ? C’est trop tard pour moi, si j’ai 40 ans et que j’ai jamais ouvert un bouquin ? Si j’ai 15 ans, et que je préfère passer ma vie à faire des snaps et textoter ? Si j’ai 25 ans, et que Netflix me bouffe la moitié du temps avec les séries et l’autre moitié avec les films ?

Non ! Rassurez-vous. Vu que j’ai détesté lire jusqu’à très tard, j’ai trouvé des solutions qui ont plutôt bien marché pour moi et c’est pas rien. Il faut dire que lorsque j’avais 20 ans je mettais plus de 4 mois pour lire un livre de 100 pages. C’est dire !

Pourtant en dehors de tous les trucs qu’on m’a fait lire et qui m’ont dégouté toujours un peu plus de la littérature, je suis tombé par hasard, un jour, alors que j’avais 12 ans sur un petit roman pas incroyable qui s’appelait « Flora l’inconnue de l’espace » de Pierre-Marie Beaude. Pour tout dire, je ne me souviens plus de l’histoire, mais ce que je me souviens, c’est que la couverture m’avait tapé dans l’œil. Un vaisseau, des planètes, des étoiles. Et là, alors que personne ne m’avait obligé à lire ce bouquin, alors que mes bandes dessinées me tendaient les bras et que mon pif gadget venait d’arriver, j’ai commencé à parcourir cette histoire, et je l’ai dévoré.

Disons les choses clairement. Je n’ai pas continué à lire pour autant après. Mais des années plus tard, quand j’ai soudainement décidé de m’y mettre, je suis allé à la Fnac, et j’ai choisi le rayon Science fiction, car je me souvenais de cette histoire qui m’avait marqué. J’ai pris complètement au hasard, une série de romans, « Le cycle de Fondation » d’Isaac Asimov et j’ai passé des mois inoubliables, plongé dans sa lecture. Je l’ai d’ailleurs relu 4 fois dans son intégralité.

Car là aussi, une fausse idée est bien ancrée chez tous les allergiques aux livres, la taille du bouquin !

Erreur, malheureux !

En ce moment je lis un tout petit roman, « Chanson douce » de Leïla Slimani. L’écriture est fluide, de petites phrases, un style propre et maitrisé, un prix Goncourt, rien de moins, mais j’ai énormément de difficultés à tourner les pages. L’histoire est très intéressante, c’est très bien écrit, mais même si ce roman est très court, il me faudra sans doute un mois pour le finir, c’est comme ça, cela ne s’explique pas ! « Le cycle de fondation » d’Isaac Asimov, plus de 5000 pages, ne m’a pris que trois petits mois pour le terminer.

La taille ce n’est rien, je parle de livres bien sûr !

Chaque écrivain a ses lecteurs, chaque lecteur a ses écrivains. Il faut trouver ce que l’on aime, la lecture qui nous correspond ! C’est là le secret !

Et il y a tellement de styles et de genres qu’il va falloir partir dans une vraie quête au bouquin fait pour vous !

Par exemple j’ai lui un polar de Karine Giébel nommé « Jusqu’à ce que la mort nous unisse » J’ai détesté le style de l’écrivaine et j’ai aimé l’histoire pourtant je ne lis jamais de polar, ça ne me plaît pas, alors que j’en ai pourtant écris un ! A l’opposé de cette lecture, « Samedi » de Ian McEwan, un style incroyable, un langage soutenu, magnifique, mais l’histoire ne m’a pas encensé. Pourtant le style a suffit à me combler !

 

Alors comment savoir, comment choisir ?

Commencez par regarder une fois de temps en temps une petite émission littéraire, La grande librairie sur France 5, par exemple. On y voit des écrivains parler de leur livre et quelques fois une bonne présentation permet de donner envie de se procurer un bouquin à coté duquel on aurait pu passer. Et non une émission littéraire ce n’est pas barbant, ni intello, ni snob, sinon personne ne regarderait !

Partagez vos lectures avec d’autres amoureux des romans. On parle bien des séries, pourquoi pas des bouquins ?

Lisez la quatrième de couv’ ! C’est quoi ce terme barbare ? C’est simplement le résumé derrière chaque roman. C’est court et accessible même à vous qui ne lisez rien ! Si, si ! Et très souvent, ça vous donnera l’envie d’aller plus loin et pourquoi pas, soyons fous, de lire tout le livre !

Les foires aux livres, les librairies… il y en a partout. Parcourez les, prenez les romans, feuilletez-les, regardez si vous entrez dans l’histoire en quelques secondes ou tout le contraire. Parlez avec les autres chineurs, vous ferez des rencontres parfois étonnantes !

Enfin si vraiment les livres vous résistent toujours autant, donnez-vous des méthodes !

Lisez un chapitre par soir, pas plus ! C’est rapide, et c’est comme une série ! Vous allez très vitre éprouver le besoin de connaître la suite ! Mais pas plus d’un chapitre. Si cela vous frustre, c’est que c’est gagné !

Accordez-vous 15 minutes de lecture par jour, pas plus. C’est quoi un quart d’heure ? Oui, ok pendant ce temps on peut pas suivre le flux sur tous les réseaux auxquels on est connecté. Bah c’est pas grave, ça fera plus de surprises 15 minutes plus tard !

Abordez la lecture comme un plaisir. Regardez les gens bouquiner dans les transports, sur la plage. Ils ont pas l’air bien ? Heureux ? Loin de tout ? Ben ouais c’est comme ça un roman, ça vous emporte, ça vous fait voyager, ça vous fait oublier plein de trucs pas cools !

Les livres délivrent !

Alors, si après tout ça, vous n’êtes toujours pas convaincus, ce n’est pas grave, car vous êtes déjà un lecteur sans le savoir, puisque vous venez de me lire !

Frédéric Rocchia

N’hésitez pas dans les commentaires, à partager votre expérience de lecture, et vos livres préférés !

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