“Un suspense infernal”

7 Avr 2021 | À la une, Chroniques-Les tuer tous !

Résumé : 

Octobre 1990.Le mauvais temps s’installe sur la ville de Deilton et avec lui une sombre histoire de meurtres. La police est sur les dents. La presse accuse l’ancienne mafia, défaite un an plus tôt, d’être derrière ces crimes. Mais la célèbre criminologue, Elen Kern, ne partage pas l’avis de la majorité. De profonds secrets devront être révélés pour lever le voile sur l’identité de l’assassin et résoudre l’enquête la plus controversée de la décennie.

 

 À propos de l’auteur :

 Généticien et Criminologue de formation, Frédéric Rocchia est avant tout passionné par l’écriture. Il faut dire que depuis tout petit, il n’a jamais cessé d’écrire des histoires, à travers ses bandes dessinées, ses chansons et ses contes. Après avoir exploré différents styles musicaux et usé sa guitare et son accordéon, il décide finalement d’imaginer des récits plus longs en se lançant dans la grande aventure du roman. Très attaché à la mécanique du suspense, il développe un style dans lequel sa passion pour les dénouements multiples et l’inattendu occupe une place primordiale.

ROMANS : Il signe en 2017 son premier roman, LE SECRET DE LA LUNE, . En 2018, il publie un polar, LA DISPARITION DE NATACHA B. En 2019, il publie un thriller, LES RACINES BLEUES. En 2020, il publie un nouveau roman CE QUE LE TEMPS FERA DE NOS VIES.  

 

Mon Avis :

 Je connais Frédéric Rocchia pour avoir lu ses trois derniers romans, il n’y a que le premier, Le secret de la lune, que je n’ai pas lu. J’ai toujours été satisfaite de ces lectures, j’aime beaucoup cet auteur qui sait à chaque fois m’embarquer dans son histoire. J’étais donc très contente de le retrouver avec son nouveau roman sorti en février. Et je ressors encore une fois très satisfaite de ma lecture. L’auteur m’a entraînée une nouvelle fois dans un suspense infernal et ce de la première à la dernière page.

 J’ai donc fait la connaissance de Elen. C’est une ancienne inspectrice de police, elle a quitté son travail un an auparavant après avoir démantelé la mafia locale de Deilton, la « Gola Rossa » avec l’arrestation du parrain, Luigi Rozattiano. Après une enquête très difficile et éprouvante, Elen avait ressenti le besoin de faire une pause. Elle vit au bord de la mer avec son amoureux José, et tous deux ont de grands projets de voyage. Mais ceux-ci vont être contrariés par la visite de son ancien commissaire Conrad, qui lui demande de revenir avec lui, suite à de nouveaux meurtres commis, et surtout suite à la disparition du père d’Elen. Celle-ci ne s’entend plus avec lui depuis longtemps, mais elle décide tout de même d’aider Conrad quand elle s’aperçoit que les meurtres qui viennent d’être perpétré sont les mêmes que ceux  commis par la mafia. C’est impossible pour elle, vu l’arrestation du parrain l’année d’avant. Elen va devoir mener l’enquête avec l’inspecteur Phelps, le fils de son ancienne institutrice, un homme suffisant, imbu de sa personne et odieux.  Lui est persuadé que tous ces meurtres sont commis par la mafia, qu’elle est revenue dans la ville et il accable Elen. Les meurtres vont s’enchaîner, difficile de trouver des points communs entre certains. Elen cherche des réponses. La presse va se mêler des affaires, elle a toujours un coup d’avance et révèle tout ce qu’il se passe, quelqu’un doit tout leur répéter. Phelps n’arrêtera pas de mettre des bâtons dans les roues de Elen. La pauvre va en voir de toutes les couleurs et c’est pas au bout de ses surprises.

 L’auteur nous plonge dans l’action dès les premières pages, ça ne traîne pas et j’aime beaucoup. Pas de longueurs, et le rythme ne baisse pas tout du long. Avec des fins de chapitres qui donnent envie de lire le suivant, avec des petites phrases finales qui remettent tout en question ou nous mettent des doutes. Le suspense est haletant, on voit les meurtres s’enchaîner mais on a du mal à voir le rapport entre certains. L’auteur laisse des indices, mais on ne s’en aperçoit pas sur le coup, c’est après que l’on s’en rend compte. J’ai vite eu des soupçons pour celui qui divulgue les infos aux journalistes, mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture. Et ce suspense reste entier jusqu’à la fin, car je n’ai rien vu venir pour le coup. L’auteur m’a bluffée, car il n’hésite pas à faire souffrir des personnages importants à l’histoire, et j’ai été triste pour certains.

 

Les personnages sont très bien travaillés. Je me suis très vite attachée à Elen. On sent qu’elle a été blessée, qu’elle a vécu des drames psychologiques. Cela fait 16 ans qu’elle n’a pas vu son père, on va découvrir sa jeunesse, loin d’être rose, et cela nous fera comprendre la femme qu’elle est. Elle aime se montrer forte et résistante mais cela cache une très grande sensibilité, elle est contre l’injustice et va ainsi souvent se heurter à l’inspecteur Phelps. Celui-ci, je l’ai détesté à un point ! Il est prétentieux, orgueilleux et surtout est près à tout pour avoir la place du commissaire. Conrad. Le commissaire en place justement, est quelqu’un de gentil, de profondément blessé lui aussi, il ne se remet pas de la mort de sa femme, et il est surtout marqué par une affaire du passé qui le hante. Au début, je ne comprenais pas son comportement, pourquoi il n’écoutait pas Elen, pourquoi il ne la soutenait pas et surtout pourquoi il se laissait marcher sur les pieds par Phelps. J’ai compris après certaines révélations, et j’ai compris qu’il avait un lourd poids à porter.

 Tous ces sentiments pour les personnages sont présents parce que Frédéric Rocchia décrit très bien toutes les sensations et les caractères. Il a bien travaillé la personnalité de chacun d’eux, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs vécus parfois lourds. Il les a rendus très réels, comme si il pouvait exister dans la vraie vie. J’ai pu ressentir de l’attachement pour Elen alors que le choix narratif de l’auteur n’est pas celui auquel je suis le plus sensible, mais je le trouve très approprié dans ce genre de récit. Il a en effet tout écrit à la troisième personne du singulier, et cela permet de garder une certaine distance avec les personnages qui n’est pas négligeable, surtout dans un thriller où l’auteur n’hésite pas à faire souffrir ses personnages principaux. Le style d’écriture est toujours aussi bon, je trouve même qu’il se bonifie de plus en plus par rapport aux précédents romans. En plus de cette enquête bien menée, il a également posé l’intrigue dans un contexte social qui a toute son importance. La ville de Deilton, comme beaucoup de ville, comporte des quartiers où sont réunies des catégories d’ouvriers, cela rajoute une tension supplémentaire et brouille parfois les pistes des enquêteurs. J’aime quand les histoires sont bien contextualisées comme ça, rajoutant ainsi une dose de réalisme.

 J’ai aimé tous les romans de Frédéric Rocchia, comme je le disais plus haut, mais je pense que ce petit dernier est mon préféré des quatre que j’ai lus de lui. Pour le suspense, pour la tension tout au long, pour les personnages qu’on aime ou déteste, je trouve que cette histoire est très aboutie. Comme je l’ai dit plus haut, le suspense est présent jusqu’à la dernière page, avec un épilogue qui m’a coupé le souffle, je ne pensais pas que l’auteur irait jusque-là.

 Je pense que vous l’aurez compris, j’ai passé un très bon moment de lecture. Lecture qui s’est faite rapidement, en deux après-midi. Il se passe tellement de choses que j’avais du mal à quitter ma liseuse, je voulais savoir ce qui allait arriver. Les chapitres ne sont pas très longs, rajoutant ainsi du rythme à la lecture. Et plus j’approchais de la fin, et plus j’avais du mal à quitter le livre, il fallait absolument que je sache. Quand les thrillers ou polars ont cet effet, c’est quand même très jouissif. Et on ressent ce double sentiment, celui de vouloir rester dans la lecture et celui de vouloir lire plus vite pour savoir. En tout cas, une chose est sûre, je vais continuer de suivre Frédéric Rocchia et de lire ses romans. J’ai déjà hâte !

 Je ne peux que vous recommander ce livre, si vous avez envie de passer un moment haletant et surprenant, avec des personnages qu’on aime ou déteste, on rencontre tous les sentiments avec ce livre. Et si vous ne connaissez pas encore l’auteur, n’hésitez pas à le faire avec ce roman ou un de ses précédents.

 

Je remercie chaleureusement Frédéric Rocchia pour tout ce qu’il m’a fait vivre le temps d’une lecture et pour sa confiance renouvelée à chaque nouvelle sortie.

Les tuer tous !  | POLAR

Disponible sur Amazon en Broché ou E-book

Un immense merci à Marie Nel lit
pour cette chronique !

Retrouvez l’intégralité de cette chronique ICI.

Si vous avez aimé cet article n’hésitez pas à vous abonner à ma newsletter !

[mailpoet_form id="3"]