Ma vie d’auteur – Épisode 05 – L’abandon

21 Juin 2020 | Ma vie d'auteur

Résumé de l’épisode précédent :

Une rédaction rédigée pour l’école et qui fait réagir mon institutrice me donne l’envie d’écrire mon premier roman.

Mes 11 ans sonnèrent la fin de pas mal de choses ! Mon amour de l’écriture s’évanouit avec mon entrée au collège. Et mon accordéon resta au placard pour toujours, du moins c’est ce que je pensai à l’époque.

Les années collège défilèrent sans que je n’écrive quoi que ce soit de nouveau.

Pourtant tout était là pour toquer à la porte de mon esprit et me rappeler que j’aimais créer des histoires alors que je n’étais qu’un enfant.

Tout d’abord, l’auteur que j’adorerai bien plus tard, avait lui aussi occupé les mêmes bancs du collège que moi, au début du siècle. Mr Marcel Pagnol, qui deviendrait plus tard un modèle de narrateur pour moi, était passé par là, mais tout cela n’était qu’une simple anecdote.

Ce qui, en revanche vint une nouvelle fois me rappeler ce pour quoi j’étais fait, se produisit en classe de 5ème.

Mes résultats au collège étaient bons et je n’avais donc aucune crainte lors des conseils de classe ni des réunions de parents d’élèves.

Mais ma professeur de français ne le vit pas du même œil. Elle insista pour que mes parents soient présents.

Un peu inquiet, j’attendis leur retour, non sans une certaine crainte, pour savoir de quoi il retournait.

Une fois rentrés, ils m’ expliquèrent, à mon grand soulagement, que ma prof avait lourdement insisté auprès d’eux pour qu’ils me poussent à devenir écrivain. Tout simplement.

Mais sans comprendre ni comment ni pourquoi, cela ne bouleversa rien dans ma vie. L’information passa à la trappe aussi vite qu’elle était survenue.

Avec le recul, je ne saurais comment remercier cette prof qui avait fait ce que peu d’autres peuvent se vanter de faire, donner un coup de pouce et un avis précieux pour l’avenir d’un ado. Un fait rare qui mérite d’être félicité, mais qui malheureusement ne changea rien, à ce moment précis.

Moi à 15 ans !

Deux années plus tard, un autre professeur de français qui adorait les récits et l’oral nous donna un travail en commun. Le but, composer par groupe de trois, une rédaction dans laquelle chacun raconterait la même histoire, mais d’un point de vue différent.

Une idée me vint immédiatement, et j’en faisais part à mes deux autres camarades.

L’histoire, toute simple, racontait les dernières minutes des passagers d’un avion qui allait s’écraser. Chacun incarna le personnage de son choix, quant à moi, je créai un habitant d’un village isolé et précisai en début de rédaction que tous les « r » seraient remplacés par des « l » pour accentuer l’effet de l’accent de mon héros.

Au rendu des copies, le prof indiqua qu’une des rédactions devait être lue au reste de la classe, car il avait trouvé l’idée originale.

Une fois de plus, je découvris, navré qu’il s’agissait de moi. Détestant parler en public, comme tout bon ado qui se respecte, je devais déclamer mon texte en remplaçant les « r » par des « l ». Mais le ridicule ne tue pas, dit-on.

Ce fut un moment pénible, mais la classe sembla amusée par mon récit et le prof me glissa doucement à la fin du cours que je devais sérieusement envisager d’en faire mon métier.

Toutes ces choses que l’on peut vous dire à un moment de votre vie sont si importantes parfois, car elles sont autant de signes et d’appels pour vous dire qui vous êtes vraiment, qu’il serait dommage de passer à côté.

C’est pourtant exactement ce que j’ai fait.

Prochain épisode : les années Nirvana

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A propos de l'auteur

Frédéric Rocchia

J'aime écrire des histoires depuis que je suis tout petit. A travers mes chansons, mes nouvelles et mes romans, j'adore partager mes récits et fouiller dans mon imagination pour surprendre les autres à commencer par moi-même !

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